dimanche 21 novembre 2010

6 idées pour améliorer vos productions musicales

Grâce aux logiciels audio numériques et la montée en puissance des machines, le home studio se perfectionne et se démocratise. Il n'est plus nécessaire d'avoir des racks d'équipements hardware coûteux et complexes à utiliser pour créer de la musique de qualité professionnelle sur PC. Mais ce n’est pas parce que l’on a les meilleurs séquenceurs équipés des meilleurs plugins VST que l’on va forcément faire le hit de l’année. Ce qui importe avant tout, c’est la musique que l’on produit, et à moins d’avoir l’oreille musicale, il n’est pas facile de composer quelque chose de convainquant. J’ai eu envie en créant ce blog de partager l’expérience acquise après des années de création de musique sous le logiciel Reason. Je n’ai bien sûr pas la prétention d’apporter la recette absolue, qui fort heureusement n’existe pas, sinon tout serait formaté, mais plutôt de proposer des axes de réflexion qui, je l’espère, vous guideront dans vos créations. Je développerais ensuite chaque point dans des articles ultérieurs, en me basant principalement sur les logiciels Reason 5 et Record.

Le rythme

Le rythme est la partie la plus facile à aborder pour les débutants. Dans les musiques populaires, il est généralement un élément d’accompagnement, mais dans la musique électronique il peut s’agir d’un élément prépondérant, voire le thème du morceau. Fortement associé au tempo, on le choisira plus ou moins rapide en fonction du genre musical visé. Les musiques ambient ont généralement les tempo les plus calmes, et les musiques pop dépassent rarement les 100 BPM. En techno, on peut atteindre et dépasser facilement les 140BPM, jusqu’à atteindre des tempo à la limite de la musicalité (plusieurs centaines de BPM) dans les branches les plus dures et expérimentales du genre.

Le choix du tempo peut également être dicté par le message que l’on souhaite véhiculer : un morceau triste ou sombre aura un tempo moins important qu’un morceau qui se veut gai et festif. Mais il n’existe pas de règle absolue dans ce domaine. Cela dépend bien entendu des autres éléments du morceau (instruments, mélodies, paroles...), mais également de la manière d’imprimer ce rythme. Le moyen le plus évident d’y parvenir, c’est bien entendu les percussions, mais on peut tout à fait utiliser d’autres instruments : une ligne de basse saccadée, des staccatos, une boucle mélodique... Cela peut renforcer le caractère expressif de votre composition.

Enfin, le choix de la signature rythmique peut donner un tout autre caractère à votre création. La rythmique des musiques pop/rock est quasi exclusivement binaire, de même que la grande majorité des genres électroniques : techno, house, drum&bass et j’en passe. D’autres genres musicaux sont plutôt en ternaire, je pense par exemple à la valse ou au jazz et son fameux « chabada ». Mais il n’est pas interdit de mélanger des éléments d’autres signatures rythmiques. Cela se fait le plus souvent par l’utilisation de triolets, qui peuvent donner un groove énorme au morceau. On peut également effectuer un décalage plus ou moins prononcé de certains temps d’une mesure pour « tendre » vers des rythmes ternaires et donner un certain swing au morceau (le fameux bouton shuffle de reason).
Les instruments

Le choix des instruments est primordial dans un morceau. Et c’est là que vous pourrez justifier l’achat de vos plugins VST super chers. Synthétiseurs, samplers, banques de sons, instruments acoustiques, voix... Avec toute cette armada, le musicien a l’embarras du choix pour trouver le son qui lui convient.

Il convient donc de bien choisir ses instruments en fonction de son rôle dans le morceau. Prendre une grosse basse bien grasse peut détourner l’attention de la superbe mélodie composée avec le super son que vous avez passé des heures à programmer sur votre Thor. Tout dépend donc de ce sur quoi vous voulez mettre l’accent.

Mais quelquefois, et tout particulièrement avec un synthétiseur, il faut aussi tenter d’utiliser des patchs dans un domaine pour lequel il n’est pas à priori prévu. Par exemple, un son d’orgue utilisé habituellement en 3eme ou 4eme octave pourra peut-être se révéler être une basse redoutable sur le 1er octave du clavier. En expérimentant ainsi, on peut arriver à des résultats surprenants.

La mélodie

C’est souvent par là que commence une composition. On s’essaie à quelques notes improvisées, puis on construit petit à petit un morceau autour de celà. Les éléments mélodiques peuvent être de quelques mesures seulement, des boucles, ou évoluer tout au long du morceau.

Seulement, on ne peut pas faire tout et n’importe quoi avec les notes de musique, pour éviter les dissonances. Pour construire les éléments mélodiques d’un morceau, il est utile d’avoir des notions de gamme musicale. Les éléments mélodiques peuvent aussi être constitués de plusieurs instruments. Dans ce cas, il conviendra de faire attention à la manière dont les sons s’agencent entre eux et respecter quelques règles pour obtenir quelque chose d’agréable. Cela fait appel à la notion d’harmonie, et en particulier les accords.

Pour rendre les mélodies plus vivantes, il faut varier la manière de jouer les notes. On peut varier en volume, en timbre, en intensité de frappe en utilisant le paramètre « vélocité » associé à chaque note. Celui-ci pilotera l’attaque, le volume ou le filtre du synthé. On peut aussi varier le phrasé : staccato, portamento, arpèges... Les staccato et le portamento sont des paramètres du synthétiseur, tandis que les arpèges peuvent être réalisés entièrement manuellement pour les plus virtuoses d’entre vous, ou à l’aide d’un arpégiateur pour les nuls comme moi.

L’arrangement

L’arrangement définit la structure même de la composition. Il s’agit de penser en terme de blocs. La structure de base en musique populaire serait constituée de couplets et de refrains. On peut tout à fait penser sa musique en un seul bloc, qui évolue de manière progressive ou répétitive : c’est très fréquent dans la musique électronique, et en particulier l’ambient.

Mais même dans la techno la plus minimaliste, on peut retrouver des blocs d’évolution. Par exemple, l’intro, qui bien souvent sert au DJ pour caler ses disques pendant son mix, un ou plusieurs développements entrecoupés de breaks permettant de créer des sortes de montées et descentes au cours du morceau, et une outro qui sert de zone de transition au DJ pour passer au morceau suivant.

Pour passer d’une partie à l’autre, il peut être utile de travailler les transitions. Celles-ci guident l’oreille en annonçant une montée, un refrain, un break... Les transitions peuvent être indiquées par des changements dans la rythmique, dans la mélodie, dans les sons ou à l’aide d’effets spéciaux. La technologie de studio peut alors être d’un grand secours pour varier les plaisirs.



L’atmosphère

La musique électronique est souvent une musique que je qualifierait d’atmosphérique. Rien à voir avec la météo, il s’agit de parler de l’ambiance générale du morceau. En effet, le minimalisme fait que les éléments musicaux sont réduits à leur plus simple expression, et ce n’est pas vraiment une mélodie qui se met en place, mais plutôt des sonorités qui construisent une ambiance. La musique devient dans ce cas utilitaire, selon les termes de Brian Eno, et sert de toile de fond.

La musique ambient, par définition, excelle dans ce domaine. Une grande partie du genre est souvent qualifiée de « drone ambient », car il s’agit de morceaux qui sont construits quasi-exclusivement à base de drones. Les drones sont des notes ou boucles sonores répétées longuement, et qui construisent une atmosphère par leur superposition ou leur évolution timbrale. La musique techno minimale emploie aussi beaucoup cet artifice musical.

Mais le drone n’est pas le seul moyen de construire une atmosphère. On pourra utiliser des effets comme la reverb pour donner une ambiance caverneuse, des sons enregistrés dans la nature pour une atmosphère relaxante, ou des boucles funky pour donner une ambiance plus festive. Il s’agit d’expérimenter en fonction du thème, et ne pas hésiter à chercher l’inspiration dans d’autres genres musicaux. C’est souvent le cas en musique électronique, c’est ce qui en fait toute la diversité.

Les textes

A part dans la house, les paroles sont peu utilisées dans les musiques électroniques. En général, les textes imposent un point de vue sur le morceau, alors qu’une musique sans parole laisse l’imagination de celui qui l’écoute. Le choix de mettre des paroles doit donc être mûrement réfléchi en fonction du message musical à faire passer.

Qui dit paroles ne dit pas forcément chanson, les textes peuvent être juste être parlés. De même, il n’est pas nécessaire de tomber dans la règle pop du couplet-refrain, ni même d’en faire le centre de la composition. Les paroles peuvent être plus utilitaires, dans un break ou pour jouer sur l’atmosphère. C’est souvent le cas dans les genres électroniques.

Les voix peuvent être brutes, ou retravaillées au travers de divers effets. Le plus connu est le vocodeur, qui permet de faire donner de la voix à un son de synthétiseur. Cet effet est très populaire dans la musique pop, car il est à l’origine de l’effet « detune » utilisé dans Believe de Cher. Ce genre d'astuces peut donner beaucoup de style à vos créations, mais attention à ne pas en abuser.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire